06 mars 2010

Vacances romaines

Un grand soleil d'hiver éclaire la place Santa Maria in Trastevere. De l'autre côté du Fiume il fait bon vivre. Même les chats se prélassent sur les capots de voitures sans âge. La dolce vita à l'italienne, pleine de nonchalance et de mélancolie.

Un jour peut être on ira à Rome sans a priori, sans citation et sans film en noir et blanc. Mais en attendant on se contente des images sépias du « vieux parc solitaire et glacé » dans lequel on hésite entre Verlaine et Chateaubriand, avec la modestie romaine et le lyrisme qui lui sied.

Cette « Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore * » suggère une autre époque, intemporelle et éternelle, dans les jardins du Vatican où flotte l'odeur légère et âpre des pins parasols. Et ce monumental escalier en colimaçon dont la lumière particulière laisse apparaître les visages comme ceux d'une toile du Caravage, évoquant alors les escaliers du Quirinal en haut desquels flotte au vent le drapeau des Piémontais, qui rappelle à Rome son caractère décalé, aristocrate et populaire.

Vacances romaines ensoleillées près du Colisée où l'on aimerait le temps d'une sieste oublier sa condition, ses attaches et ses obligations.

Vacances romaines, sous le soleil des escaliers de la piazza di Spagna,

Vacances romaines, dans l'éveil de février, avant le grand émoi,

Vacances romaines, dans le souffle printanier,

Vacances romaines, dans un instant d'éternité...

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*J'ai une affection particulière pour Pierre Corneille

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