23 juin 2009

Profils Paysans (Chapitre I - l'approche)


Sentir l’odeur du foin de ces journées de juin. Ces herbes hautes qui structurent un paysage qui se trouve modifié brutalement. L'attente de quelques mois fauchée en quelques heures, pour prévoir l'hiver, nourrir les bêtes, et recommencer le cycle des saisons. La peur de la météo, de ne pas avoir choisit le bon moment pour faucher et pour endainer. Il pleut parfois sur l'herbe sèche, on ne peut pas toujours prévoir les caprices de la pluie dans les paysages verdoyants. Passés l'énervement et la déception, il faut recommencer, s'accrocher, ne pas tout laisser partir à vaut l'eau, être patient. Ce sont quelques journées de perdues, mais demain il fera beau et l'on pourra botteler.


Les ballots parfois lourds, surtout les premiers quand la botteleuse n'est pas encore réglée.
Les bras souffrent d'abord, quand il faut les charger dans la remorque, mais il y a l'apprentissage de la conduite du tracteur, on se sent fier dans la cabine qui n'est pas climatisée. Le ruissellement chaud entre les omoplates, le t-shirt parfois enlevé révélant un bronzage encore partiel des avant-bras et les brindilles qui viennent se mêler à la sueur acre.
Les mains et les cals souffrent ensuite, de les porter à bout de bras à la fourche dans le grenier, mais on ne se plaint pas, on pense à ceux, qui sous la chaleur des tuiles et dans la poussière, les tassent de manière efficace en s'écorchant les doigts sur les ficelles.


Et les soirées légères, ces rafraichissements pris juste après qui ont un meilleur goût que l'eau chauffée sous le soleil de la fin d'après midi. Le dîner dans le jardin peu de temps après, souvent tous ensemble, le temps de retrouver une apparence convenable après une douche. La fête de la musique parfois, malgré la fatigue et les courbatures.

...

Le mois de juin dans la douceur qui suit le labeur, la satisfaction d'agir pour l'après. Ce moment nécessaire pour que les saisons puissent suivre leur cours.

04 juin 2009

One trip, One noise (V)

C'était au mois de juin il y a plus longtemps encore. L'année touchait à sa fin dans ce Lycée parisien. Des pic-niques étaient improvisés dans le square qui se trouve en face. On ne venait plus beaucoup, prenant pour excuse ces grèves qui "paralysaient" la capitale. Les métros ne fonctionnaient pas et les voitures s'embouteillaient dans les couloirs de bus. Le vélo, seul moyen de transport rapide et efficace, roulait sur le trottoir et slalomait imprudemment entre les voitures et les bus à accordéon dans cette rue en pente qui se laisse habituellement dévaler dans un frisson.

A cinq sur trois vélos on se prenait parfois à rêver de la Californie...

23 mai 2009

One trip, one noise (IV)

Le mois de juin, il fait beau, les arbres ondulent dans la douceur du printemps. Des journées au lac ou à le rejoindre le long de routes de la périphérie berlinoise. Des levers tardifs et des journées à récupérer de la nuit précédente, souvent passée au Club der Visionäre, au Cassiopeia, ou sur le Boxi. Le tram pour se remettre des trajets noctrurnes en vélo, le soleil à travers la vitre, les écouteurs dans les oreilles et la musique qui donne le rythme.

La pensée de la nuit qui s'est écoulée et de cette guerre permanente du milieu alternatif pour savoir qui sommes nous ...



17 mai 2009

Aimer, Paris, Mai

"Le rossignol alors s'efforce
De chanter et mener grand bruit.
Lors s'en donne à coeur joie aussi
le perroquet, et l'alouette.
Il faut que jeunesse se mette
A être gaie et amoureuse:
C'est la saison belle et heureuse.
Qui n'aime en mai a l'âme dure,
Quand il entend, sous la ramure,
Des oiseaux les doux chants piteux"

Guillaume de Lorris - Le Roman de la Rose
(Le printemps)


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La lutte continue...

[Soundtrack]
  • Paris Mai, Claude Nougaro (Paris Mai, octobre 1968)

10 mai 2009

One trip, One noise (III)

Une route de campagne déserte, où ne peut rouler une voiture que dans un sens, au milieu des champs , bordée de pylônes électriques qui rythment le paysage comme le ferait un train sur une voie ferrée ou un rythme de blues. Des champs de Colza en fleur qui colorent et animent ce paysage monotone de leur jaune printanier. A deux dans la voiture dans une ambiance Middle West grâce à la musique qui l'accompagne.

Une voix rauque et nasillarde qui s'intègre peu à peu au paysage et qui permet de marcher tout droit...

26 avril 2009

Aprile


La douceur du soleil chauffe la terrasse face à Santa Maria in Trastevere, une sieste sur une pelouse aux épines tenaces, un pic-nique dans le parc de la villa Borghese. « Dans le vieux parc solitaire et glacé, deux spectres ont évoqué [un peu] le passé » mais surtout l’avenir, trop tard pour être une star du rock. La dolce Roma et ses cafés qui se boivent en paix. La paix intérieure peut être, l’oubli de soi dans le farniente. La fontaine de Trevi qui ne s’apprécie que la nuit.

La beauté de l’art dans la Ville éternelle grâce à la finesse des traits de Proserpine qui malgré elle se laisse poser la main sur la hanche alors que son âme semble fuir. Le geste reste magnifique dans cet instant d’éternité.

« Rome est une espèce d’émulation,

construite sur la misère de l’art » [1]

Aprile dans la profusion napolitaine, dans cette conception particulière de la loi passé le Sud de l’Italie. Le voyage en Italie et Pompéi, la baie de Naples et son coucher de soleil, l’influence espagnole et Santa Chiara qui accompagne les déambulations des chatons aperçus au coin de la piazza Bellini…


Aprile à la recherche de soi, dans l’introspection mise en scène dans la comédie à l’italienne.

Aprile dans la dénonciation de Berlusconi et dans la révolte face au monde.

Aprile sur le temps qui passe et dans les étapes de la vie...

[Soundtrack]


[1] Je remercie la personne qui a prononcé cette phrase

15 avril 2009

Il mio viaggio in Italia


Le corps d'un partisan assassiné s'éloigne au fil de l'eau, le prêtre meurt fusillé par les allemands, le volcan gronde devant Ingrid Bergman. Martin Scorsese raconte Son Voyage en Italie, il se souvient de sa famille, il évoque son père, il explique comment il a découvert le cinéma italien qui l’a influencé. Le cinéma des maîtres qu’il défend, principalement celui de Roberto Rossellini, Luchino Visconti, Vittorio de Sica et Federico Fellini, est mis sur le piédestal de sa contemplation, au Panthéon du cinéma italien qui ne dépasse pas les années 1960.

Chacun son Voyage en Italie. Pour moi, il est lié au cinéma italien et à la puissance évocatrice de ces films. A ces acteurs qui rappellent les cinéastes et les lieux, de Rome à Ferrare, du Trastevere au Tibre. Une manière une et multiple de filmer la Ville, du farniente romain de Marcello Mastroianni chez Federico Fellini, de la méchanceté de Nino Manfredi dans les bidonvilles chez Ettore Scola. Un enfant qui pleure aux abords du stade et qui ne comprend pas le geste désespéré de son père.

Nous nous sommes tant aimés dans cette évocation du cinéma Italien, du Noir&Blanc à la couleur, de Vittorio Gassman piazza del Popolo dans la tromperie des retrouvailles après 25 ans. De ce passé mis en scène et mythifié dans une plaisanterie assumée.

Roma est une città aperta