09 février 2010

quote (3)

Vincent Hanna: You know, we are sitting here, you and I, like a couple of regular fellas. You do what you do, and I do what I gotta do. And now that we've been face to face, if I'm there and I gotta put you away, I won't like it. But I tell you, if it's between you and some poor bastard whose wife you're gonna turn into a widow, brother, you are going down.

Neil McCauley: There is a flip side to that coin. What if you do got me boxed in and I gotta put you down? Cause no matter what, you will not get in my way. We've been face to face, yeah. But I will not hesitate. Not for a second.


25 janvier 2010

(Ré)écouter Gainsbarre

« Tu sais, je ne suis pas autant dans la fascination de Gainsbourg que toi » m'a-t-on dit quand j'ai proposé d'aller voir Gainsbourg, vie héroïque.

Je suis probablement dans la fascination. Mais ma fascination va au delà du 'personnage', elle prend en compte l'œuvre, et une œuvre ne se lit que dans son intégralité contrairement au(x) personnage(s).

L'annonce de la mort de Gainsbourg en mars 1991 signifiait pour moi la disparition de ce personnage un peu effrayant et au regard triste des plateaux télés. Je n'avais pas encore compris ses 'provocations' et le fumeur intempestif de Gitanes qu'il était ne me choquait pas outre mesure. Aussi curieux que cela puisse paraître aujourd'hui, les fumeurs et la fumée faisaient encore partie de l'environnement quotidien.

Dix ans après sa mort, on essayait d'oublier le personnage provoquant, les journaux faisaient son éloge, sous le titre «réécouter Gainsbourg, point barre. »

Il fallait oublier Gainsbarre le personnage répugnant, qui suintait jusque dans l'œuvre, dans la mise en scène de l'œuvre.

« Et ouais c'est moi Gainsbarre
On me trouve au hasard
Des night-clubs et des bars
Américains c'est bonnard »

'Ecce Homo' – Mauvaises nouvelles des étoiles, 1981



....

« Gainsbourg c'est un truc qu'on a à se raconter »

(Joann Sfar)

On se le raconte chacun à notre manière. On se raconte les souvenirs de ses chansons, ces moments partagés, l'érotisme et le rythme, la sensualité et les mots.

Joann Sfar ne dépossède pas Gainsbourg de son personnage, de ses personnages – malgré la mise en scène de ce double qu'il finit par intégrer. Il se raconte Gainsbourg, par la Judéité et par la tête de chou.

Il laisse Gainsbourg se raconter lui-même, jusqu'à la mise en abyme quand Gainsbourg se raconte en Gainsbarre. Et c'est alors Gainsbourg qui se dépossède de lui-même. Il se vide pour se protéger, pour ne plus intervenir sur sa vie, pour la laisser aux autres. Pour prouver que l'image ne vaut rien pour elle-même, comme le montre ce court passage du film lorsque quelqu'un se met à le grimer devant lui dans un bar en lui disant qu'il l'a vu « aux guignols » sans provoquer la moindre réaction.

Le personnage se confond avec la caricature de sa caricature, il n'existe plus.

Serge Gainsbourg chez lui en 1984 (P. Duval)

Et puis on oublie ce qui n'est pas une provocation pour en revenir à l'essentiel.

Et on réécoute la musique.


J'vous laisse, j'ai un paquet d'Gitanes à finir pour oublier un peu Mélody...

[Soundtrack]

20 janvier 2010

quote (2)

« Everything a lie. Everything you hear, everything you see.

So much to spew out.

They just keep coming, one after another. You're in a box. A moving box. They want you dead, or in their lie... There's only one thing a man can do - find something that's his, and make an island for himself.

If I never meet you in this life, let me feel the lack ; a glance from your eyes, and my life will be yours. »



15 janvier 2010

quote (1)

« Sorry boys, all the stitches in the world can't sew me together again.

Lay down... lay down.

Gonna stretch me out in Fernandez funeral home on Hun and Ninth street. Always knew I'd make a stop there, but a lot later than a whole gang of people thought... Last of the Moh-Ricans... well maybe not the last.

Gail's gonna be a good mom... New improved Carlito Brigante... Hope she uses the money to get out. No room in this city for big hearts like hers... Sorry baby, I tried the best I could, honest... Can't come with me on this trip, Loaf.

Getting the shakes now, last call for drinks, bars closing down... Sun's out, where are we going for breakfast ? Don't wanna go far. Rough night, tired baby... Tired... »




29 décembre 2009

One trip, one noise VI

Les brumes d'octobre sont loin. Elles ont laissé la place à celles de novembre, puis vint la neige de décembre. Le trajet est le même mais il évolue dans sa monotonie. Le train du Havre, Saint-Lazare à l'aurore dont on attend encore les doigts de rose sous la mousson normande. L'atmosphère d'un automne qui n'en fini pas.

La mélodie d'une saison, entre les larmes qui sèchent doucement et ce train-là qui est toujours le même...

04 novembre 2009

Brumaire

Une longue nuit dans le train, que l'on pourrait penser improbable. Des arrêts incongrus dans l'obscurité, le matin peut-être, dans des villes désertes aux gares immaculées.
La longue arrivée sur Berlin, celle qui fait traverser la ville, ce trajet qui m'avait tant plu quand je l'avais vu s'éloigner dans l'autre sens, il y a peu, mais déjà si longtemps.
Le soleil se lève à l'est, à Berlin comme à Austerlitz, mais la direction n'est pas la même. « Liberté à l'est » titrent les journaux français, « Freiheit für Berlin » peut on lire dans la presse allemande, comme si l'espace de liberté n'était véritablement appréhendé que dans sa proximité et son assimilation.

...

Berlin où tout bouge, où tout disparaît, mais où tout revient. Berlin où il faut tout changer pour se souvenir, tout oublier pour se rappeler.

La décision de reconstruire le château impérial détruit en 1950 est intervenue lorsque son souvenir est devenu vivace, après que des bâches tendues à son effigie ont recouvert le Palast der Republik. Le château va être reconstruit, le Palast der Republik a été détruit, mais son effigie se reflète, face à son ancienne présence dans l'architecture d'un bar, reconstruit à l'image de son défunt modèle.

L'histoire allemande est sans fin, elle se répète sans cesse. L'avenir, le présent et le passé se déclinent ici dans une chronologie décalée, dans les slogans de l'automne 1989 « Wir sind das Volk » - «Wir sind ein Volk » - « Wir waren das Volk. » La peur de l'oubli du passé fait oublier le présent. Et l'Histoire entre toujours en perspective avec une autre histoire.
La grandeur défie l'humain, le proche la proximité. L'intime se mêle au général, le particulier à la masse déserte.
La mémoire de la rue à celle d'un peuple.
La mémoire d'une histoire du temps présent à l'archéologie du disparu.

...

Berlin sous la pluie, si loin, mais si proche de Sommer Vorm Balkon, quand le soleil cède la place au brouillard et à la brume. Les pensées s'embrument parfois dans les bars, restés fumeurs, dans les soirées qui n'ont plus d'heure, dans les matins qui n'en sont pas et dans la nuit trop précoce.
Berlin dans la déambulation à travers la transparence du verre qui cherche la clarté, qui fait se perdre dans une limpidité qui se tache bientôt de fines gouttelettes de pluie, qui comme une vanité rappellent sa consistance à l'apparence.

Berlin en novembre, dans la douce et triste atmosphère « des brouillards et des brumes basses qui sont la transudation de la nature d'octobre en novembre * »

_______

* Extrait du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II par Fabre d'Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier »



24 août 2009

One trip, One noise (VI)


Une voiture qui zigzague dans la circulation légèrement dense de l'A6. La descente sur Paris, qui se laisse brusquement découvrir par le quart Sud-est, paysage urbain d'une ville qui se dévoile. L'A6b qui arrive directement sur la porte d'Italie. Le retour avec un disque dans le lecteur CD. En live, pour se sentir vivant.

L'attente, la suite, peut être... Septembre, en attendant... la suite des carnages.