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12 octobre 2010

Das war mein Text...

« Ich habe überhaupt keine Ahnung, wann das anfing mit der ganzen Scheiße. Das ist das Komische daran. Das ist wie mit dem Untergang des römischen Reiches, da weiß auch keiner, wann das eigentlich anfing. »

13 mars 2010

Ma môme

Une matinée du mois de Juin à deux sur un scooter sur le boulevard des maréchaux désert. Arpenter le pavé parisien avec un ami. On trouve toujours des trésors dans les premières heures des brocantes de la capitale. J'avais trouvé ce vinyle à un euro. Et puis R. de sa sagesse m'avait dit que c'était un bel album, pour Le bruit des bottes surtout.

Quelques années auparavant à la fête de l'huma, je l'avais croisé au stand des Amis de l'humanité. Il n'avait pas chanté. Il avait juste évoqué son parcours de Tenenbaum à l'Ardèche. Un moment émouvant qui avait été guidé par un autre quelques jours avant.

Dans cette petite librairie de la rue de Tolbiac j'étais entré pour acheter le numéro 'spécial fête' de l'Humanité avec lequel était vendue la place. Le petit monsieur au chandail et aux charentaises qui d'un air bougon sortait de l'arrière boutique avait retrouvé le sourire en me vendant le journal. « Il paraît qu'il y a Jean Ferrat cette année. Je regrette d'être trop vieux pour y aller, vous avez de la chance... »
Alors j'étais allé le voir.

Peut être un peu pour lui aussi.

En souvenir de Boris,

Pour avoir rêvé au printemps,

En groupe en ligue en procession,

Pour le sourire triste et beau d'Anna Karina à Créteil...



Au moment du Bilan on se révolte encore, on espère et on souffre. Mais on se bat. La voix monte et ne retombe pas, le combat jusqu'au bout. Le compagnon de route continue de défendre les valeurs, celles que l'on veut pour la France. Et puis chanter pour porter la colère, et non pour passer le temps...

« Il se peut que je vous déplaise

En peignant la réalité

Mais si j'en prends trop à mon aise

Je n'ai pas à m'en excuser... »




Tu nous manqueras Camarade....

06 mars 2010

Vacances romaines

Un grand soleil d'hiver éclaire la place Santa Maria in Trastevere. De l'autre côté du Fiume il fait bon vivre. Même les chats se prélassent sur les capots de voitures sans âge. La dolce vita à l'italienne, pleine de nonchalance et de mélancolie.

Un jour peut être on ira à Rome sans a priori, sans citation et sans film en noir et blanc. Mais en attendant on se contente des images sépias du « vieux parc solitaire et glacé » dans lequel on hésite entre Verlaine et Chateaubriand, avec la modestie romaine et le lyrisme qui lui sied.

Cette « Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore * » suggère une autre époque, intemporelle et éternelle, dans les jardins du Vatican où flotte l'odeur légère et âpre des pins parasols. Et ce monumental escalier en colimaçon dont la lumière particulière laisse apparaître les visages comme ceux d'une toile du Caravage, évoquant alors les escaliers du Quirinal en haut desquels flotte au vent le drapeau des Piémontais, qui rappelle à Rome son caractère décalé, aristocrate et populaire.

Vacances romaines ensoleillées près du Colisée où l'on aimerait le temps d'une sieste oublier sa condition, ses attaches et ses obligations.

Vacances romaines, sous le soleil des escaliers de la piazza di Spagna,

Vacances romaines, dans l'éveil de février, avant le grand émoi,

Vacances romaines, dans le souffle printanier,

Vacances romaines, dans un instant d'éternité...

_____________________

*J'ai une affection particulière pour Pierre Corneille

25 janvier 2010

(Ré)écouter Gainsbarre

« Tu sais, je ne suis pas autant dans la fascination de Gainsbourg que toi » m'a-t-on dit quand j'ai proposé d'aller voir Gainsbourg, vie héroïque.

Je suis probablement dans la fascination. Mais ma fascination va au delà du 'personnage', elle prend en compte l'œuvre, et une œuvre ne se lit que dans son intégralité contrairement au(x) personnage(s).

L'annonce de la mort de Gainsbourg en mars 1991 signifiait pour moi la disparition de ce personnage un peu effrayant et au regard triste des plateaux télés. Je n'avais pas encore compris ses 'provocations' et le fumeur intempestif de Gitanes qu'il était ne me choquait pas outre mesure. Aussi curieux que cela puisse paraître aujourd'hui, les fumeurs et la fumée faisaient encore partie de l'environnement quotidien.

Dix ans après sa mort, on essayait d'oublier le personnage provoquant, les journaux faisaient son éloge, sous le titre «réécouter Gainsbourg, point barre. »

Il fallait oublier Gainsbarre le personnage répugnant, qui suintait jusque dans l'œuvre, dans la mise en scène de l'œuvre.

« Et ouais c'est moi Gainsbarre
On me trouve au hasard
Des night-clubs et des bars
Américains c'est bonnard »

'Ecce Homo' – Mauvaises nouvelles des étoiles, 1981



....

« Gainsbourg c'est un truc qu'on a à se raconter »

(Joann Sfar)

On se le raconte chacun à notre manière. On se raconte les souvenirs de ses chansons, ces moments partagés, l'érotisme et le rythme, la sensualité et les mots.

Joann Sfar ne dépossède pas Gainsbourg de son personnage, de ses personnages – malgré la mise en scène de ce double qu'il finit par intégrer. Il se raconte Gainsbourg, par la Judéité et par la tête de chou.

Il laisse Gainsbourg se raconter lui-même, jusqu'à la mise en abyme quand Gainsbourg se raconte en Gainsbarre. Et c'est alors Gainsbourg qui se dépossède de lui-même. Il se vide pour se protéger, pour ne plus intervenir sur sa vie, pour la laisser aux autres. Pour prouver que l'image ne vaut rien pour elle-même, comme le montre ce court passage du film lorsque quelqu'un se met à le grimer devant lui dans un bar en lui disant qu'il l'a vu « aux guignols » sans provoquer la moindre réaction.

Le personnage se confond avec la caricature de sa caricature, il n'existe plus.

Serge Gainsbourg chez lui en 1984 (P. Duval)

Et puis on oublie ce qui n'est pas une provocation pour en revenir à l'essentiel.

Et on réécoute la musique.


J'vous laisse, j'ai un paquet d'Gitanes à finir pour oublier un peu Mélody...

[Soundtrack]

24 août 2009

One trip, One noise (VI)


Une voiture qui zigzague dans la circulation légèrement dense de l'A6. La descente sur Paris, qui se laisse brusquement découvrir par le quart Sud-est, paysage urbain d'une ville qui se dévoile. L'A6b qui arrive directement sur la porte d'Italie. Le retour avec un disque dans le lecteur CD. En live, pour se sentir vivant.

L'attente, la suite, peut être... Septembre, en attendant... la suite des carnages.



30 juillet 2009

Sans titre (9)

Journée pourrie...

14 juillet 2009

23 juin 2009

Profils Paysans (Chapitre I - l'approche)


Sentir l’odeur du foin de ces journées de juin. Ces herbes hautes qui structurent un paysage qui se trouve modifié brutalement. L'attente de quelques mois fauchée en quelques heures, pour prévoir l'hiver, nourrir les bêtes, et recommencer le cycle des saisons. La peur de la météo, de ne pas avoir choisit le bon moment pour faucher et pour endainer. Il pleut parfois sur l'herbe sèche, on ne peut pas toujours prévoir les caprices de la pluie dans les paysages verdoyants. Passés l'énervement et la déception, il faut recommencer, s'accrocher, ne pas tout laisser partir à vaut l'eau, être patient. Ce sont quelques journées de perdues, mais demain il fera beau et l'on pourra botteler.


Les ballots parfois lourds, surtout les premiers quand la botteleuse n'est pas encore réglée.
Les bras souffrent d'abord, quand il faut les charger dans la remorque, mais il y a l'apprentissage de la conduite du tracteur, on se sent fier dans la cabine qui n'est pas climatisée. Le ruissellement chaud entre les omoplates, le t-shirt parfois enlevé révélant un bronzage encore partiel des avant-bras et les brindilles qui viennent se mêler à la sueur acre.
Les mains et les cals souffrent ensuite, de les porter à bout de bras à la fourche dans le grenier, mais on ne se plaint pas, on pense à ceux, qui sous la chaleur des tuiles et dans la poussière, les tassent de manière efficace en s'écorchant les doigts sur les ficelles.


Et les soirées légères, ces rafraichissements pris juste après qui ont un meilleur goût que l'eau chauffée sous le soleil de la fin d'après midi. Le dîner dans le jardin peu de temps après, souvent tous ensemble, le temps de retrouver une apparence convenable après une douche. La fête de la musique parfois, malgré la fatigue et les courbatures.

...

Le mois de juin dans la douceur qui suit le labeur, la satisfaction d'agir pour l'après. Ce moment nécessaire pour que les saisons puissent suivre leur cours.

26 avril 2009

Aprile


La douceur du soleil chauffe la terrasse face à Santa Maria in Trastevere, une sieste sur une pelouse aux épines tenaces, un pic-nique dans le parc de la villa Borghese. « Dans le vieux parc solitaire et glacé, deux spectres ont évoqué [un peu] le passé » mais surtout l’avenir, trop tard pour être une star du rock.

La dolce Roma et ses cafés qui se boivent en paix. La paix intérieure peut être, l’oubli de soi dans le farniente. La fontaine de Trevi qui ne s’apprécie que la nuit.

La beauté de l’art dans la Ville éternelle grâce à la finesse des traits de Proserpine qui malgré elle se laisse poser la main sur la hanche alors que son âme semble fuir. Le geste reste magnifique dans cet instant d’éternité.

« Rome est une espèce d’émulation,

construite sur la misère de l’art » *

Aprile dans la profusion napolitaine, dans cette conception particulière de la loi passé le Sud de l’Italie. Le voyage en Italie et Pompéi, la baie de Naples et son coucher de soleil, l’influence espagnole et Santa Chiara qui accompagne les déambulations des chatons aperçus au coin de la piazza Bellini…


Aprile à la recherche de soi, dans l’introspection mise en scène dans la comédie à l’italienne.

Aprile dans la dénonciation de Berlusconi et dans la révolte face au monde.

Aprile sur le temps qui passe et dans les étapes de la vie...

[Soundtrack]


* Je remercie la personne qui a prononcé cette phrase

09 avril 2009

Les Guépards - éloge de l'aristocratie II

Je suis en général assez peu partisan de l’adaptation littéraire au cinéma, que je trouve souvent mal faite, car elle ne transmet pas l’imaginaire. Visconti a cette capacité d’être un homme de la pécision, c’est ce qui le rapproche de Tomasi di Lampedusa. Son adaptation du Guépard est magnifique car il honore le sens du détail de l’auteur, en allant jusqu’à remplir les commodes de draps d’époque pour respecter parfaitement l’ambiance. Luchino Visconti avait hésité à interpréter lui-même le rôle magnifiquement tenu par Burt Lancaster. Il fait une œuvre personnelle du roman de Lampedusa.

« J'épouse le point de vue de Lampedusa, et disons aussi de son personnage, le prince Fabrizio. Le pessimisme du prince Salina l'amène à regretter la chute d'un ordre qui, pour immobile qu'il ait été, était quand même un ordre.»

(Luchino Visconti)

Peut être parce qu’ils sont tous deux des aristocrates ils accordent cette importance particulière aux détails qui sont pour beaucoup insignifiants. Des détails qui changent tout dans les rapports sociaux comme le montre l’anecdote du frac de Don Calogero. Don Fabrizio Corbera, prince Salina, accueille le maire de Donnafugata en habit d’intérieur pour s’adapter à cet ordre social en pleine mutation. Le maire quant à lui, tente de se rapprocher de cette aristocratie en portant l’habit. Mais la structure sociale n’est pas inversée, car il découvre le frac de Don Calogero montant gauchement l’escalier, il déclare avec morgue et satisfaction « et quel frac ! »

En allant à la chasse, le prince respecte les habitus liés à son rang, dont son chien – un dogue allemand – qui l’accompagne, est le symbole de la déchéance, poussé à l’extrême dans le roman. Mais il ne chasse pas avec ceux de sa classe, il chasse avec Ciccio Tumeo organiste de la cathédrale d’origine modeste. Les classes se mélangent mais pas les valeurs, qui paradoxalement s’inversent. Le personnage joué par Serge Reggiani se fait l’apôtre de la défense de l’ordre ancien, alors que le prince accepte le plébiscite et l’unification de l’Italie. C’est le prolétaire, guidé par la reconnaissance sociale, qui est le seul personnage conscient que cette ‘révolution’ ne changera rien pour le pauvres gens comme lui, les métayers n’auront pas plus accès à la terre, le pouvoir change de main, à son plus grand regret car les nobles « sont moins égoïstes que tant d’autres. »

« Il faut que tout change pour que rien ne change » déclare Tancrède. Les structures sociales, elles, ne changent pas, les mains qui les tiennent seules changent. Et pourtant rien ne pourra être comme avant si les hyènes et les chacals s’emparent du pouvoir qui appartenait aux Lions et aux Guépards.



Un prince réaliste et pessimiste qui refuse la distinction par ses pairs proposée par Turin et Chevalet. Un prince las et fatigué, usé par les changements de son siècle. Un prince qui sait que l’aristocratie n’existe plus que pour elle-même. Elle doit s’adapter ou mourir, mais en s’adaptant elle meurt.

Un prince qui parle de la mort pendant la scène de bal, où tout le monde s’amuse. Il est ainsi fasciné par un tableau funèbre, avant d’évoquer son propre décès comme une préoccupation subitement essentielle.


Jean-Baptiste Greuze, Le Fils puni, 1778

Une distinction qui se transforme en solitude jusque dans la danse. Il crée la jalousie par sa simple présence et se retire et avec son retrait, c’est tout un univers qui vacille, le bal devenant alors une vaste danse macabre. Il rentre seul au petit matin, dans l’élégance de la mort, il se retire de la foule, de la vie, du mouvement, de Tancrède et d’Angélica, symboles de sa jeunesse perdue. Et la mort devient concrète quand il s’agenouille au passage du prêtre qui se rend à une extrême onction. La distinction se fait aussi et surtout par la mort et la religion qui permettent au prince de rester le prince.

.....

Il n’y a d’autre perspective que la déchéance, celle de la classe pour Tancrède, qui tient son rang par l’argent et celle de l’Homme qui tient son rang par ses valeurs pour Don Fabrizio. « Les nobles [...] vivent dans un univers particulier qui n'a pas été créé directement par Dieu mais par eux-mêmes durant des siècles... » Les siècles passent et le prince sait que son petit-fils n'aura pas le culte de son passé, qu'il n'aura que des « souvenirs banals », les mêmes que ceux de ses camarades de classe, il sera alors noble de nom, mais pas dans l'âme, il sera tout au plus un bourgeois matérialiste.