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01 mai 2011

One trip, one noise VII

Une voiture qui roule sur le périphérique la nuit, malgré les embouteillages de la porte d'Aubervillers. Retour de soirée dans la proche banlieue colonisée par défaut.

Une soirée où l'on se retrouve pour fêter le temps qui passe. Souvenirs en action d'une époque révolue. Les cheveux ont grisonné, mais les visages plus fatigués ne changent pas. L'ambiance non plus, la révolte se fait toujours entendre. Résurgences du mois de mai, mais les « intellectuels de gauche » finissent toujours par se marier... On tente d'allumer moins de cigarettes en se consolant sur les bouteilles vidées. Les verres sont toujours renversés dans un regard désolé.

Le temps a passé, comme Si rien ne bouge. On rentrera quand même plus tôt, signe que ces années ont compté...

Et sur le périphérique, comme pour coller à l'atmosphère, dans l'auto-radio, le grand mixe de Nova fait ressurgir du lointain la bande son de cette époque passée, de ce fugace moment retrouvé....


29 décembre 2009

One trip, one noise VI

Les brumes d'octobre sont loin. Elles ont laissé la place à celles de novembre, puis vint la neige de décembre. Le trajet est le même mais il évolue dans sa monotonie. Le train du Havre, Saint-Lazare à l'aurore dont on attend encore les doigts de rose sous la mousson normande. L'atmosphère d'un automne qui n'en fini pas.

La mélodie d'une saison, entre les larmes qui sèchent doucement et ce train-là qui est toujours le même...

04 juin 2009

One trip, One noise (V)

C'était au mois de juin il y a plus longtemps encore. L'année touchait à sa fin dans ce Lycée parisien. Des pic-niques étaient improvisés dans le square qui se trouve en face. On ne venait plus beaucoup, prenant pour excuse ces grèves qui "paralysaient" la capitale. Les métros ne fonctionnaient pas et les voitures s'embouteillaient dans les couloirs de bus. Le vélo, seul moyen de transport rapide et efficace, roulait sur le trottoir et slalomait imprudemment entre les voitures et les bus à accordéon dans cette rue en pente qui se laisse habituellement dévaler dans un frisson.

A cinq sur trois vélos on se prenait parfois à rêver de la Californie...

23 mai 2009

One trip, one noise (IV)

Le mois de juin, il fait beau, les arbres ondulent dans la douceur du printemps. Des journées au lac ou à le rejoindre le long de routes de la périphérie berlinoise. Des levers tardifs et des journées à récupérer de la nuit précédente, souvent passée au Club der Visionäre, au Cassiopeia, ou sur le Boxi. Le tram pour se remettre des trajets noctrurnes en vélo, le soleil à travers la vitre, les écouteurs dans les oreilles et la musique qui donne le rythme.

La pensée de la nuit qui s'est écoulée et de cette guerre permanente du milieu alternatif pour savoir qui sommes nous ...



10 mai 2009

One trip, One noise (III)

Une route de campagne déserte, où ne peut rouler une voiture que dans un sens, au milieu des champs , bordée de pylônes électriques qui rythment le paysage comme le ferait un train sur une voie ferrée ou un rythme de blues. Des champs de Colza en fleur qui colorent et animent ce paysage monotone de leur jaune printanier. A deux dans la voiture dans une ambiance Middle West grâce à la musique qui l'accompagne.

Une voix rauque et nasillarde qui s'intègre peu à peu au paysage et qui permet de marcher tout droit...

07 avril 2009

One Trip, One Noise (II)

Un de ces moments de la fin de l’enfance. Une voiture sur l’autoroute A1 un soir de janvier qui évoque Louis XVI, Lénine et Dieu, le passé de toute façon. Tassés à cinq dans une Opel Corsa, peu de mots, juste des gestes et des mouvements de tête pour se faire comprendre. Dans la promiscuité, les habits noirs et la porte d’Hébron, la brume, la pluie et la plaine, la route de Noyon et l’embranchement de Compiègne.

La voiture avance mais on reste indivisés.



One Trip, One Noise (I)

Une enfance paisible dans une prairie qui semblait immense. Cette pièce un peu sombre aux murs blancs, les tomettes rouges, fraiches en été et froides en hiver. La première platine CD et le premier disque qui l'accompagne le même jour en trouvant parfaitement sa résonance dans cette pièce, comme s'il avait été écrit et composé pour y être écouté. Une musique subie, imposée et écoutée en boucle, de manière quasi-monomaniaque, mais qui s'intègre petit à petit dans l'environnement.

La pièce s'agrandit, mais le son ne change pas, la matrice reste.